Qu’est-ce que le projet IFADEM ?

 

Qu’est-ce que le projet IFADEM ?

Le projet IFADEM ou « Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres » est une composante du « Pacte linguistique » signé lors du XIIIe Sommet de la Francophonie par le président de la République libanaise, Michel Sleiman et le secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) Abdou Diouf, et ce, dans le but de  promouvoir la langue française. Il est conçu et développé par l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

 

Il consiste à améliorer la qualité de l’enseignement du français et en français au niveau du primaire, en renforçant les compétences des instituteurs. Le dispositif de formation, en partie à distance, sera adapté aux besoins du système éducatif et utilisera les technologies de l’information et de la communication. Ce dispositif prévoit en outre : la formation des formateurs, la conception locale des modules de formation, la livraison de dotations pédagogiques pour les maîtres et les instituts de formation, l'évaluation des instituteurs et du dispositif, et l'étude sur les conditions d’extension d’IFADEM dans le pays.

 

        L'étude de la mise en œuvre du projet a nécessité l'organisation de plusieurs missions d'expertise qui ont été menées entre mai 2011 et avril 2012 pour étudier la faisabilité et l’opportunité d’expérimenter IFADEM au Liban. Des observations de classes ont été effectuées (avril 2012) ;  ainsi qu'un séminaire d'analyse des besoins, (avril 2012) avec les responsables du Ministère, de l'AUF, de l'OIF, de l'Ambassade de France, ... pour évaluer les besoins en formation continue des enseignants et définir les modalités de la formation IFADEM (public-cible, niveau, contenus, place des TICE, etc.).

 

        Suite à cela un accord de partenariat tripartite a été  signé le 11 octobre 2013 (MEES, OIF, AUF) et il a été reconduit par avenant en février 2015.

 

        Ce projet commencera par une phase d'expérimentation sur la région du Liban-Nord (+ Nord du Mont-Liban,  extension décidée suite à la dernière mission effectuée en mars 2015 du Comité de coordination internationale -CCI- qui a approuvé la demande formulée par le gouvernement libanais) avant d'être ensuite étendu aux différentes régions libanaises.

 

        Nous entamons donc aujourd’hui le premier atelier de formation des concepteurs : Des ressources sous forme de livrets seront conçues et placées sur une plateforme numérique. Suivra la formation des enseignants ciblés, qui se fera majoritairement à distance, mais sera relayée par deux moments de regroupement où la formation se fera en présentiel. Parallèlement on aura formé des tuteurs  qui assureront chacun un suivi continu et personnalisé d’un groupe d’une vingtaine d’enseignants. Au terme des 160 heures de formation prévues, il sera procédé à une évaluation des acquis des personnes formées. Une expansion sera ensuite envisagée sur la totalité du pays à la lumière de l’évaluation de la phase pilote.

 

Pourquoi accordons-nous une grande importance à ce projet ?

D’abord parce qu’il cible les enseignants du français (et en français), langue plus ou moins étrangère (là est le fait malgré les différentes nominations) et constituant par là- même un handicap, ou inversement un facteur de réussite, surtout que cette langue est également une langue d’enseignement d’autres disciplines et une langue de réflexion et de formalisation des apprentissages. Sans la mise en mots, les idées ne sont qu’un magma confus : c’est ce qui fait de l’enseignement /apprentissage d’une langue une question cruciale.

 

Ensuite parce qu’il s’adresse prioritairement aux régions défavorisées, ce qui répond à une  préoccupation majeure des gens de l’éducation, à savoir, l’équité et l’égalité des chances.    

 

Mais c’est  surtout parce qu’il représente une plus-value dans le domaine de la formation continue des enseignants. L’entrée dans l’ère de la formation à distance personnalisée est, en effet,  plus qu’une promesse de qualité et d’efficience : c’est la possibilité, pour chaque enseignant, où qu’il soit, quel qu’il soit, de se former selon ses  propres besoins, selon son propre rythme et dans un environnement parfaitement sécurisant assuré par le lien préservé avec son tuteur. Nul besoin de souligner combien l’impact en sera important sur l’apprenant, et pas seulement sur le plan des contenus et des méthodes d’apprentissage : une partie de nos attentes se situent en effet à ce niveau plus vital qui est de construire ou de reconstruire une relation de confiance et de sécurité entre l’enfant et son maitre ; entre l’enfant et les  structures scolaires.

 

J’ai pleinement confiance que nos partenaires ici présents et ceux qui ne sont pas des nôtres ce matin ou ceux dont les rôles se situent à une étape ultérieure du projet ne mesureront pas leurs efforts pour mener à bien cette initiative prometteuse.

 

Merci