Avant - propos Un dossier pédagogique quadripartite au service d’une éducation démocratique de qualité

 

"Il y a un excès de rigueur et un
excès d’indulgence, tous deux
également à éviter"
J.J. Rousseau,
"Émile ou de l’Éducation
(1762)"

 

 

  • L’évaluation diagnostique.
  • La psychologie interculturelle.
  • Les hydrocarbures.
  • Les jeux éducatifs.


Je prends un réel plaisir à présenter la partie francophone du présent numéro de La Revue Pédagogique.En effet, notre mission, au Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement Supérieur (MEES) et au Centre de Recherche et de Développement Pédagogiques (CRDP), est d’assurer un enseignement d’une valeur sûre et ce, en remettant constamment en question l’opération éducative afin de la perfectionner.
L’évaluation diagnostique du système éducatif libanais qui constitue la première partie de notre dossier est un projet qui vise à déterminer, par le biais de la mesure, les lacunes et les failles afin de les combler et dans le but de mettre au point un système d’évaluation juste et équitable qui puisse ouvrir à nos chers élèves les portes de la réussite.

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L’évaluation PASEC (Le programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN) est un instrument que la CONFEMEN a développé depuis l’année 1990 pour soutenir la qualité de l’éducation des pays membres, dans le cadre d’un objectif mondial inspiré de la conférence de Jomtien, "l’Éducation Pour Tous". Le Liban a participé à la 9ème phase de ce programme ambitieux et pertinent.

Le programme PASEC, dont l’un des objectifs est certes d’identifier les lacunes de fonctionnement des systèmes éducatifs, mais aussi de repérer les bonnes pratiques, pour en faire des leviers efficaces d’orientation des actions dans le secteur de l’éducation, a permis d’établir un diagnostic du système éducatif libanais, à travers un échantillon représentatif de 146 écoles, dans les classes de la 2ème et 5ème année de l’Éducation de Base.
Les opérations de mise en oeuvre du PASEC au Liban, que le CRDP a été appelé à exécuter, auront permis d’impliquer un nombre important d’acteurs dont notamment plus de 4000 élèves, 831 enseignants, 146 directeurs d’écoles, 60 cadres recrutés comme administrateurs et opérateurs de tests et une équipe nationale de 7 personnes ressources dans le domaine de l’évaluation.
Au-delà de l’établissement du diagnostic du système éducatif libanais, le programme PASEC, a rendu possible le renforcement, à des degrés divers, des acteurs qui ont participé à la mise en place de ces opérations. Grâce à l’appui des Conseillers techniques du Secrétariat Technique Permanent de la CONFEMEN, l’équipe nationale a eu l’occasion de suivre des séances de travail et de formation pour développer une expertise apte à lui permettre de conduire, d’un bout à l’autre, tout le processus d’évaluation. Les administrateurs des tests dont la plupart sont des responsables de terrain de premier plan, se sont imprégnés des orientations générales de l’évaluation PASEC et ont acquis des connaissances pour mener à bien l’enquête de terrain.
Ainsi donc, le séminaire de restitution de l’évaluation PASEC a été réalisé au Liban au cours de l’année scolaire 2008-2009.
Par ailleurs, des travaux de groupe ont été organisés au CRDP, pour dégager des recommandations qui feront partie intégrante du rapport d’évaluation PASEC dans sa version finale.
La restitution du rapport de l’évaluation PASEC, permettra aux cadres du MEES (étant donné que l’enseignement de base relève de ses attributions) de découvrir les principales caractéristiques du système éducatif libanais par rapport aux axes d’analyse développés par la méthodologie d’approche du PASEC.
Enfin, je tiens à affirmer que la seule évaluation qui vaille a pour point de départ un diagnostic minutieux et une mesure exacte et précise des acquis scolaires. C’est que la mesure constitue la clef de voûte assurant la solidité, la stabilité et l’efficacité de tout édifice éducatif ayant pour objectif la découverte des talents et des aptitudes de chaque apprenant.

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Mondialisation d’une part, grandes vagues d’immigration d’autre part, ont fortement marqué la première décennie du troisième millénaire. Il n’est plus permis de concevoir un système éducatif, un curricula à l’échelle nationale ou un livre scolaire national, sans tenir compte de l’interculturel.
L’éducation basée sur toutes les cultures du monde, la pédagogie d’ouverture aux valeurs morales et spirituelles de toutes les ethnies et de toutes les religions, s’impose.
Nous sentons l’urgence d’agir et de combattre le chauvinisme et le rejet de l’autre. La tolérance, le droit à la différence, la diversité religieuse, ethnique, culturelle ou morale, sont devenus les principes de base que les éducateurs et les enseignants sont impérativement obligés de respecter, pour arriver à construire un pays où règneraient la paix, la justice, la démocratie et les droits de l’homme. Bâtissons ensemble un monde où le matérialisme, la violence, la discrimination et le rejet de l’autre seront abolis. Le Liban n’a-t-il pas toujours été un creuset où plusieurs civilisations se sont rencontrées?
Je souhaite donc que nous puissions conserver le pays des Cèdres comme un lieu où se mêlent et se fondent toutes les cultures, sans nous détacher, pour autant, de notre appartenance et sans renier notre civilisation et notre propre échelle des valeurs.
Construisons, ensemble, l’interculturel.
Enfin et pour terminer la présentation du deuxième thème de notre dossier, je tiens à rappeler que la LOI DU JUSTE MILIEU est la seule planche de salut d’un peuple qui voudrait accéder ou bonheur. Je conseille aux éducateurs de s’inspirer de l’essai d’Amin Maalouf intitulé "Le Dérèglement du Monde" (Éditions Grasset. Paris. 2009) où l’auteur exprime son inquiétude face au signes angoissants du dérèglement, à tous les niveaux et partout sur la planète terre. L’auteur qui revendique sa double identité Occidentale et Arabe, affirme que l’Occident est "peu fidèle à ses propres valeurs" et que l’Orient est "enfermé dans une impasse historique".
Apprenons donc, à nos élèves, à détruire "les cocons", à les étouffer, afin de goûter aux plaisirs exotiques des autres cultures, sans pour autant, se déraciner et renier leurs origines. C’est que l’expérience a montré que le déracinement engendre une nostalgie mélancolique à laquelle on ne pourra jamais remédier.
Apprenons à nos enfants, que la condition Sine qua non de leur vie, c’est la convergence de toutes les cultures.
Apprenons-leur à être d’authentiques Libanais citoyens du monde.

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Le troisième axe autour duquel gravite notre dossier est celui de l’énergie, notamment des carburants. Un sujet de très grand intérêt, puisqu’en effet le pétrole, dont l’origine remonte à des dizaines, voire des centaines de millions d’années, occupe une place prépondérante dans la vie des hommes et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’or noir mène la barque financière de notre planète. C’est le maître à bord de tous les systèmes économiques de tous les pays du monde. C’est pourquoi les scientifiques se sont mis à la recherche d’autres sources d’énergie telles que l’énergie solaire, nucléaire, chimique et électrique. Le Liban étant un pays de soleil, nous devons enseigner à nos enfants, par le leçon et par l’exemple, à savoir tirer profit de l’énergie solaire. Les professeurs de sciences sont invités, en leçon d’énergétique, à expliquer les diverses manifestations de l’énergie.
La Revue Pédagogique présente, dans le présent numéro, une fiche pratique destinée aux enseignants de la neuvième année de l’Éducation de base et selon la méthode de la "Pédagogie différenciée". Mais nous promettons, à nos chers lecteurs, dans les prochains numéros, d’autres leçons concernant les énergies de l’avenir.

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Enfin, nous terminons notre dossier francophone par le thème du jeu et des activités ludiques. C’est un devoir de La Revue Pédagogique d’aborder ce sujet, puisque le jeu est indispensable au développement de la personnalité de l’enfant sur les plans physique, sensoriel, affectif et mental. Les jeux, particulièrement les jeux éducatifs sont la base de l’éveil de l’intelligence créative et de l’imagination de l’enfant.
Dans son livre "J’élève mon enfant", Laurence Pernoud affirme que "lorsqu’on regarde jouer un enfant, il faut bien se rappeler que le jeu n’est pas pour lui seulement une simple distraction. Quand vous et moi faisons une partie de cartes ou de tennis, nous cherchons une détente: jouer, c’est le contraire de travailler. Pour l’enfant, jouer c’est faire travailler son esprit et exercer ses forces. Le jeu est son activité normale, l’enfant joue comme un pommier fait des pommes". Par ailleurs, nous conseillons vivement, les jeux intellectuels pour tous les cycles et à tout âge. Jeux qui font appel aux facultés d’invention, à la mémoire et à l’érudition: jeux de société, jeux fondés sur le calcul comme le jeu d’échecs. Jeux qui enrichissent le vocabulaire comme le scrabble etc…
Puisque jouer est une activité à la fois utile et agréable, décideurs et responsables devraient prévoir un espace jeu, toutes disciplines confondues, dans les programmes scolaires et extra - scolaires.
Il me reste à souhaiter vivement que la lecture de ce Numéro 52 de La Revue Pédagogique puisse encourager les formateurs et les enseignants à mieux accomplir leur mission d’éducateurs .

Professeur Leyla Maliha Fayad
Présidente du CRDP