La Restructuration du
 
Système
Educatif
au Liban


  La Restructuration du Système Educatif Libanais étudie la paralysation et l'impuissance du système éducatif actuel et ellabore les méthodes d'amélioration via le progrès mondiale.

Les deux thèmes en gros sont:

 
Les programmes et le système éducatif Libanais - SITUATION ACTUELLE
 
Le NOUVEAU système éducatif:
  Objectifs généraux des programmes et structure du système



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Préambule


Par Le Président du Centre National de
Recherche et de Développement Pédagogiques
Mounir ABOU-ASSALI


  Le projet d'un nouveau système éducatif au Liban émane du " plan de redressement pédagogique " approuvé en conseil des ministres en date du 17/8/1994. Il prône entre autres objectifs : l'amélioration " des structures du système éducatif " et l'élaboration d'un système éducatif, " conçu dans une optique résolument moderne ".(*)

On entend par système éducatif le cadre général permettant de délimiter les principaux itinéraires de formation, les différentes filières possibles, la relation de l'enseignement général avec l'enseignement technique et professionnel, la relation de l'enseignement pré-universitaire avec l'enseignement supérieur et, enfin, de l'enseignement sous toutes ses formes et à tous ses niveaux avec le marché du travail et de la production ainsi qu'avec les besoins et les aspirations de la société libanaise.

Le nouveau système éducatif devrait donc être considéré comme une étape préliminaire préparant l'élaboration de nouveaux programmes cohérents et complémentaires, pour tous les types et tous les niveaux d'enseignement

Pour un dossier aussi délicat qu'important, le C.N.R.D.P. a eu le souci de consacrer tout le temps nécessaire à l'étude de la question, et de faire participer à l'élaboration du projet le plus grand nombre possible de responsables des secteurs privés et publics ainsi que des experts en éducation, libanais ou délégués par les instances internationales, l'Unesco notamment

Ainsi ce projet a pris plus de neuf mois de travail sans compter que deux colloques lui ont été consacrés, le premier le 1,2,3 juin et le second, le 12 septembre 1995

Finalement, après de longues consultations et de nombreuses discussions, cette quatrième version du projet a été ratifiée au cours d'une réunion au bureau du Ministre de l'Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports en date du 5/10/95 en présence du Ministre de la Culture et de l'Enseignement Supérieur ainsi que du Ministre de l'Enseignement Technique et Professionnel, avec la participation des fonctionnaires de 1ère catégorie concernés par les affaires de l'éducation et de l'enseignement.

En d'autres termes, la restructuration du système éducatif, proposée par le CNRDP ne représente pas uniquement le point de vue de cette institution

Ce projet de réforme résulte d'une participation de très large envergure, de tous les responsables pédagogiques, le CNRDP ne jouant en l'occurrence qu'un rôle de catalyseur de toutes les forces vives en matière d'éducation à l'échelle nationale.


 

Principales caractéristiques du système proposé:

  1- La durée totale de la scolarité reste inchangée et s'étend sur douze ans (voir page 33).
  2- Dans le domaine de l'enseignement général, le nouveau projet introduit certaines modifications de la durée de la scolarité.
- Le cycle primaire s'est vu prolongé d'une année (il est désormais constitué de deux modules de 3 ans chacun).
- Le cycle complémentaire ne comprend plus que trois ans au lieu de quatre.
La scolarité dans l'éducation de base, formée par ces deux cycles, est donc de neuf ans.
  3- Toujours dans le domaine de l'enseignement général mais dans le cycle secondaire, la première année doit être considérée comme un tronc commun pour toutes les séries de cet enseignement; ensuite on passe à la 2ème année qui est commune à deux séries sur quatre, car au niveau de ce projet on propose une quatrième série: " études économiques, administratives et sociales", compte tenu des progrès actuels réalisés dans ces domaines dans les pays développés, et des besoins du Liban pour ce genre de spécialisation.
  4- Dans le domaine de l'enseignement technique et professionnel il est fait en sorte que l'élève libanais ne puisse passer à l'enseignement technique formel avant l'âge de douze ans, âge limite actuel de la scolarisation obligatoire. Il est question de repousser cette limite jusqu'à quinze ans, ce qui implique une nouvelle législation dans ce sens. En outre, on constate au niveau de ce projet, le souci de relier organiquement l'enseignement général et académique à l'enseignement technique et professionnel de sorte que l'élève puisse passer d'une filière à l'autre dans les deux directions et non pas en sens unique comme c'est le cas dans le système éducatif actuel. Au niveau de ce projet, on constate un désir de renforcer l'enseignement technique et professionnel par l'introduction d'activités manuelles dans les programmes relatifs à l'enseignement général. On a de même accordé une place de choix à une nouvelle discipline intitulée " initiation aux métiers et introduction à la technologie ". Ceci est apparu très nettement au niveau des plans d'études annuels conçus en fonction des besoins du marché du travail au Liban et dans le monde arabe. Le projet vise à mettre en relief le rôle de l'Agence Nationale pour l'Emploi pour ce qui est de la coordination entre l'enseignement, la formation continue et les besoins du marché du travail sus-mentionnés, notamment dans le domaine de l'enseignement technique et professionnel non formel.
  5- Par ailleurs, les auteurs du projet se sont arrêtés au fait que pour tous les types d'enseignement ainsi que pour toutes les options, l'année scolaire se réduit à près de 28 semaines, ce qui est absolument insuffisant. Pour remédier à cet état de fait et pour un meilleur rendement, le projet vise donc à imposer l'année scolaire de 36 semaines et ajoute quatre heures supplémentaires à l'emploi du temps hebdomadaire dans les cycles complémentaire et secondaire.
  6- Il importe de savoir que le nouveau système éducatif pour le Liban a été conçu compte tenu des perspectives économiques, sociales et nationales:
a- L'organisation des cycles d'enseignement et l'augmentation de leur rentabilité se reflètent positivement sur l'organisation de la pyramide des métiers et sur le choix d'une typologie unifiée des carrières dans tous les secteurs de production. Ainsi, les liens entre l'enseignement et le marché du travail seront consolidés, ce qui garantit des opportunités professionnelles pour ceux qui le désirent. Ceci pourrait entraîner une diminution du taux du chômage, une amélioration de la situation des ressources humaines au Liban ainsi qu'une accélération du développement social.
b- Cette restructuration à partir de laquelle seront élaborés les programmes scolaires s'inspire des principes mentionnés dans l'introduction de notre nouvelle constitution émanant de l'accord de Taëf , eu égard au fait que nous avons à préparer , pour l'avenir , des citoyens conscients de l'importance de l'unité , considérant que les valeurs spirituelles et morales sont des valeurs sacrées et vivant concrètement la tolérance, la liberté et la démocratie.
Compte tenu de tout ceci, la ratification du nouveau système éducatif permet tout d'abord d'élaborer les projets des nouveaux programmes d'enseignement ainsi que le matériel pédagogique correspondant, en préparation à la publication des textes officiels nécessaires à leur mise en application.
En conclusion, nous espérons que ce projet ainsi que les programmes qui suivront, apporteront une contribution efficace à la formation d'un citoyen libanais ouvert au monde moderne et capable de faire face à tous les défis technologiques au seuil du vingt et unième siècle.

  (*)Le "plan de redressement pédagogique"


Beyrouth le 09/10/1995
Le Président du Centre National de
Recherche et de Développement Pédagogiques
Mounir ABOU-ASSALI